51 demain
Samedi 10 Août 1919
Ma petite Emma bien aimée
Je m'empresse de faire réponse à ta bien aimable lettre et à la jolie carte de mercredi que j'ai reçues ce midi avec grand plaisir maintenant c'est ma plus grande distraction.
Je te fais réponse de suite malgré que je t'ai écrit ce matin car je crois que nous allons nous déplacer encore demain matin pour aller dans un camp américain à quelques kilomètres d'où je suis.
Qu'est-ce que je vais encore m'embêter demain, je ne voudrais par qu(il y ait de dimanche, car cela fait toujours repenser aux trois que nous avons passé ensemble. Nous étions si bien et si heureux d'être près l'un de l'autre que je voudrais encore y être. Je suis sans doute plus bête qu'un autre car j'en vois là avec moi qui n'ont pas l'air de s'en faire du tout et qui sont rentrés avec moi de perme. Je ne sais pas comment ils font, mais c'est plus fort que moi. Vivement la fuite que nous n'ayons plus cet embarras car cela devient barbant.
Je vois qu'ils ont l'air de s'ennuyer à Challes, c'est vrai depuis le temps que c'est comme cela, ça fait de l'embarras. Comme tu me dis c'est malheureux que je ne sois pas libéré, car je crois bien que ce n'était pas si mauvais que ça. Enfin, on trouvera toujours bien ce qui nous faudra, ce n'est pas cela le plus dérangeant. J'ai reçu une lettre de chez moi hier soir, mais ils ne me parlent pas si ils ont reçu quelque chose.
Je ne connais pas grand chose de nouveau pour le moment.
Bien le bonjour à toute la famille et à M. et Mme Duveau.
treçois, mon petit coeur chéri, les plus sincères amitiés de ton petit ami qui pense sans cesse à toi et ne t'oubliera jamais.
Mille bons baisers et caresses
Modeste
Bonsoir et bons rêves.
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