Mardi 24 septembre 1918
Ma petite Emma bien aimée
Je fais réponse à ton aimable lettre de vendredi que j'ai reçue hier soir qui m'a fait bien plaisir d'avoir des nouvelles et de savoir ton rhume presque passé, quant à moi je suis toujours de même.
Je me doute bien que tu devais être lasse à arracher des patates car toi qui as des petites mains pas bien fortes, l'outil devait te peser lourd. Enfin chacun fait comme il peut. J'aurais bien voulu être là pour vous voir toutes les trois. Mais c'est impossible, peut-être que l'année prochaine, je pourrais en arracher quelques-unes.
J'ai eu des nouvelles à gars Lhermitte hier soir aussi, il n'a pas été longtemps en ligne. Heureusement pour lui, ce n'est pas très grave il est fortement commotionné et puis une petite contusion à l'oreille. C'est surtout de la tête qu'il souffre. Il a eu de la chance qu'il y ait eu un de ses copains à côté de lui et puis que ce lui soit arrivé de jour car ç'aurait aussi bien été la nuit, il y serait resté.
Tant mieux que ce soit comme c'est, peut-être avec ça il pourra passer l'hiver tranquille et puis la petite perme qui est aussi intéressante. Je voudrais bien qu'il m'en arrive autant mais on ne prend que ce qui nous vient. Enfin, le principal c'est de pouvoir s'en tirer.
Je te quitte pour ce matin.
Bien le bonjour à toute la famille et aux petits coeurs.
Reçois, mon petit ange chéri, les plus sincères amitiés de ton petit ami qui pense sans cesse à toi.
Mille bons baisers
Modeste
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