Mercredi 18 septembre 1918
Ma petite Emma bien aimée
Je m'empresse de répondre à ton aimable carte de vendredi que j'ai reçue hier soir qui m'a fait bien grand plaisir d'avoir des nouvelles et de te savoir en bonne santé ainsi que toute la famille, quant à moi, je suis toujours de même.
Je ne connais pas grand chose de nouveau. Je suis toujours au même endroit, au milieu des bois.
Quand tu récriras à Yvonne, n'oublie pas de lui souhaiter le bonjour pour moi. Je crois que cela ne lui sera pas bien sain, cette malchance qui lui est arrivée. Quel mal fait tout de même un amour brisé ainsi et malheureusement, combien y en aura-t-il. Quand on s'entr'aime depuis plusieurs années et être si durement séparés l'un de l'autre pour toujours cela ne donne pas le sourire, il y a bien où s'en faire et beaucoup même.
Enfin espérons que tout le monde n'y restera pas et que nous deux nous n'aurons pas cette peine-là.
Vivement la fin;
Bien le bonjour à toute la famille et aux petits amoureux
Reçois mon petit coeur chéri, les plus sincères amitiés de ton petit ami qui pense toujours à toi.
Mille bons baisers
Modeste
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