Mardi 3 Juin 1919
Ma petite Emma bien aimée
Je fais réponse à ta bien aimable carte de samedi que je viens de recevoir qui m'a fait bien plaisir d'avoir des nouvelles et de te savoir en bonne santé ainsi que toute la famille, quant à moi, je suis toujours de même.
En ce moment, c'est assez agréable, les lettres viennent régulièrement et ne mettent que trois jours pour me parvenir, c'est des nouvelles fraîches. Il vaudrait mieux rien car ce serait bien plus agréable d'être près l'un de l'autre et de pouvoir se parler de vive voix et nous serions bien plus heureux aussi. Car c'est bien tout ce qu'il y a de meilleur surtout quand on s'entr'aime comme nous deux.
Vivement que la paix soit signée, qu'ils me renvoient auprès de toi. Cela viendra bientôt, je l'espère. Ces boches ont la tête dure mais je ne crois pas qu'ils recommencent la guerre. Il ne faut pas penser à cela, il n'y a rien à craindre.
Je finis ce soir. En attendant les évènements, je vais encore bientôt me coucher sur ma paillasse et je crois que je n'aurais pas trop chaud car le temps est bien refroidi.
Il ferait bien meilleur à côté de toi. Qu'il ferait bon bien près de toi et nous serions si bien tous les deux à ce que je crois. Heureusement que j'ai bon espoir que nous verrons ce jour arriver.
Bien le bonjour à toute la famille et aux petits coeurs.
Reçois, ma petite Emma que j'aime pour la vie, mes plus doux baisers et tendres caresses de ton petit ami qui pense sans cesse à toi.
Bonsoir, bonne nuit et bons rêves.
Vivement la perme, que le temps est long tout de même.
Modeste
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