Pierrefonds le 15 Décembre 1917 soir
Ma petite Emma bien aimée
Je m'empresse de répondre à tes deux cartes de mardi et mercredi que je viens de recevoir qui m'ont fait bien plaisir de te savoir en bonne santé, quant à moi, je suis toujours de même.
Je sais bien que c'est bien ennuyeux quand on ne reçoit pas de nouvelles comme nous sommes habitués d'écrire souvent tous deux. Mais ces jours de marche-là, on n'avait pas le temps d'écrire et puis on ne voyait pas le vaguemestre car tu penses bien , si j'avais pu, j'aurais écrit.
Tu me dis que tu serais contente si j'étais en perme aux fêtes de l'an, moi aussi je voudrais bien y être et je l'espère ou cela sera toujours peu de jours après.
Je ne connais pas grand nouveau pour ce soir. Je te souhaite que tu aies fait un bonne promenade chez ton parrain.
Je finis pour ce soir car je n'ai pas chaud aux mains, ce ne doit pas être sûrement pas amusant de monter la garde dans les tranchées, vivement la fin.
Bien le bonjour à toute la famille et à M et Mme Duveau.
Reçois, mon petit ange chéri les plus doux baisers de ton ami dont les pensées se portent toutes vers toi.
Toutes mes amitiés et à toi pour toujours
Modeste
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