Mercredi 25 Juin 1919
Ma petite Emma bien aimée
Je m'empresse de faire réponse à ta bien aimable carte du 21 et ta lettre du 22 que je viens de recevoir qui m'ont fait bien plaisir d'avoir des nouvelles et de te savoir en bonne santé, quant à moi, je suis toujours de même.
Hier soir, je n'ai pas pu t'écrire et ce matin non plus, j'étais de garde. Je m'en doute bien que tu t'ennuies sans nouvelles mais je pense que tu en as maintenant, cela est venu des trois jours qu'elles ne partaient pas. Tu te fais tout de suite du mauvais sang, il ne faut pas penser de mauvaises choses maintenant, au contraire. Maintenant, je suis tout à toi, ne crains rien, il n'y a plus que quelques mois à attendre et nous n'aurons plus besoin de griffonner le papier. Depuis le temps qu'on le fait, il est bien temps que cela finisse; ce sera bien plus agréable d'être près l'un de l'autre, nous serons si bien tous les deux.
Je te crois bien que cela aurait été agréable d'être ensemble tous les quatre dimanche, nous aurions pris une partie de plaisir, mais cela viendra vite maintenant.
Pour la perme, si Marcel est arrivé dimanche, ce sera trop tôt. Nous ne pourrons faire que de nous voir car moi, je ne compte pas avant le 10.
Ne te fais pas de mauvaises idées maintenant, ce n'est plus rien et j'ai à demi espoir que ce sera la dernière perme, ou tout au moins guère de temps à faire après l'autre.
Je voudrais bien y être aussi moi, à ce beau jour que nous attendons depuis déjà si longtemps. Quelle joie.
Pas grand chose de nouveau.
Bien le bonjour à toute la famille et aux petits coeurs.
Reçois, mon petit ange chéri, les plus sincères amitiés de ton petit ami qui pense sans cesse à toi.
Mille bons baisers et caresses.
Bonsoir bons rêves, à bientôt
Modeste
/image%2F1364362%2F20141212%2Fob_5f77ab_img015.jpg)