Jeudi 24 Octobre 1918
Ma petite Emma bien aimée
Je fais réponse à ton aimable lettre de dimanche que j'ai reçue hier soir qui m'a fait bien grand plaisir d'avoir des nouvelles et de te savoir maintenant assez solide, quant à moi, je suis toujours le même.
Je suis heureux de savoir que tu te lèves tous les jours maintenant mais tu as raison de prendre encore des précautions parce que ça ne rigole pas de faire des imprudences; il vaut mieux se tenir peinard un peu plus longtemps et être rétablie tout à fait, ça rapporte davantage. Ce matin, il en a été évacué un de ma section pour ça aussi, mais il n'avait pas encore beaucoup de fièvre. C'est la fin qu'il nous faudrait, peut-être que cette épidémie s'arrêterait car je crois que c'est venu par l'ennui et le mauvais sang survenus par la guerre et maintenant que c'est contagieux, cela s'étend partout.
Vivement ce beau jour que nous attendons avec impatience.
Je te quitte pour aujourd'hui en t'embrassant bien fort.
Bien le bonjour à toute la famille et aux petits coeurs.
Reçois mon petit ange chéri, les plus sincères amitiés de ton petit poilu qui pense sans cesse à toi.
Mille bons baisers
Modeste
/image%2F1364362%2F20141212%2Fob_5f77ab_img015.jpg)