Le 28 Octobre 1917
Ma petite Emma bien aimée
Je m'empresse de te faire deux mots pour te donner de mes nouvelles qui sont toujours bonnes et je pense que tu es toujours de même ainsi que toute la famille.
J'aurai bien voulu pouvoir écrire plus tôt car je sais bien que tu es bien inquiète, mais ce n'était pas facile et puis avec un fourbi pareil, je ne pensais pas du tout à écrire.
Tu dois avoir vu le petit boulot que nous avons fait mais pas sans mal car les fritz ne voulaient pas encore céder tout de suite.
Comme le bombardement avait nivelé toutes les tranchées, et détruit quelques petits abris, ils étaient tous réfugiés dans des grottes immenses qui ne craignaient rien et avaient installé des mitrailleuses aux entrées. Mais les boches n'étaient pas assez matinaux car quand nous sommes arrivés aux premières grottes, il y avait encore des types de couchés, mais les autres aussi nous avons eu de l'embarras. Mais nous y sommes arrivés quand même à les cerner et les faire prisonniers mais pas tous car ils nous ont barré encore le passage pour aller (Berlin).
Je crois que nous seront relevés demain ou après-demain et je t'assure que tous nous n'en serons pas fâchés car les premiers jours j'en menais pas trop large enfin je m'en suis retiré sain et sauf et c'est le principal, il y en a assez autrement;
Je ne connais plus grand nouveau à te raconter. Vivement la permission pour me remettre les idées en place.
Bien le bonjour à toute la famille et à M et Mme Duveau.
Reçois, mon petit coeur chéri, les plus doux baisers de ton ami dont les pensées se portent toutes vers toi. Ne sois plus inquiète maintenant
Modeste
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