Jeudi 28 Août 1919
Ma petite Emma bien aimée
Je m'empresse de faire réponse à ta bien aimable lettre de mardi que je viens de recevoir qui m'a fait bien plaisir de te savoir en bonne santé ainsi que toute la famille, quant à moi je suis toujours de même. Depuis hier, je ne me suis pas raperçu de mon mal de dents. J'espère qu'il ne reviendra pas de suite car ce n'est pas assez agréable.
Je ne connais pas grand chose de nouveau pour le moment.
Il fait pas bien bon temps pour le moment, il fait chaud et il fait froid, il fait un vent bête. Et je t'assure que la nuit, il commence à faire frais, cette nuit pour prendre ma garde, j'ai été obligé de prendre ma capote. Tout seul, je me disais, si j'étais à côté de ma petite Emma, que je serais tout de même bien mieux, je pourrais roupiller tranquille et puis bien près l'un de l'autre, dans les bras l'un de l'autre, ce serait bien bon, je suis sûr.
Mais cette heure n'a pas encore sonné pour nous, en tout cas, nous avons toujours bon espoir. Cela approche tout doucement, mais les jours sont bien longs.
Bien le bonjour à toute la famille et à M. et Mme Duveau.
Reçois, mon petit coeur chéri, les plus sincères amitiés de ton petit ami qui pense sans cesse à toi.
Mille bons baisers
Modeste
Bonsoir et bons rêves.
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