Jeudi soir 10 Octobre 1918
Ma petite Emma bien aimée
Je m'empresse de répondre à ton aimable carte du 5 et ta lettre du 6 qui m'ont fait bien plaisir d'avoir des nouvelles.
Je vois que ta santé ne s'améliore pas vite, heureusement que tu ne souffres pas trop, mais il vaudrait mieux rien quand même, pour moi je vais toujours bien. Je n'ai pas pu t'écrire ce matin car cette nuit, on est venu me réveiller pour aller à un concours à la division et je ne suis rentré que ce soir à la soupe.
Je te crois bien que tu t'ennuies beaucoup au lit, cela n'a rien d'agréable aussi, il faut espérer que tu n'y seras pas longtemps.
Tu me parles pour l'écriture, ne t'en fais pas pour cela une petite lettre fait tant plaisir.
Ce qui nous faudrait, c'est la fin de la guerre, que nous n'ayons plus besoin de griffonner le papier et que ce sera bien plus agréable.
Je ne connais pas grand chose de nouveau pour le moment.
Bien le bonjour à toute la famille et aux petits amoureux.
Reçois, mon petit ange chéri, les plus sincères amitiés de ton petit ami qui pense toujours à toi.
Mille bons baisers
Modeste
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