Jeudi Mercredi 24 Juillet 1918
Ma petite Emma bien aimée
Je m'empresse de faire réponse à ton aimable lettre que j'ai reçue hier soir qui m'a fait grand plaisir d'avoir des nouvelles et de te savoir en bonne santé, quant à moi je suis toujours de même.
Je sais que c'est bien ennuyant de ne pouvoir faire sa petite missive chaque jour mais maintenant je suis obligé de faire comme je peux et non comme je veux. Enfin il ne faut pas se faire de mauvais sang, cette vie ne durera pas toujours, ou tout au moins je l'espère. Et que plus tard nous passerons des jours plus heureux.
Dire que la fleur de notre jeunesse, nous la passons comment, bien tristement. Ce n'est pas le plaisir que nous aurons pu avoir qui nous aura fait mal. Enfin nous n'y pouvons rien, nous tâcherons d'en avoir davantage plus tard.
Tu m'as annoncé-là une surprise de Kléber car je n'avais jamais entendu dire qu'ils allaient ensemble et puis leur différence d'âge.
C'est plutôt leur petite gamine qui les oblige. Elle, c'est encore à moitié pardonnable, c'est pour dire un enfant, mais lui il devrait au moins savoir ce qu'il fait ou bien alors je n'y connais plus rien. J'aime mieux pour eux que pour nous et puis malgré tout ils ont un avantage, que lui ne parte pas.
Je te quitte pour ce soir en t'embrassant bien fort.
Bien le bonjour à toute la famille et aux petits amoureux.
Reçois, mon petit coeur chéri, les plus tendres amitiés de ton petit ami qui pense toujours bien à toi.
Moideste
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