Lundi 8 Octobre 1917
Ma petite Emma bien aimée
Je m'empresse de faire réponse à ta lettre de vendredi que je viens de recevoir qui m'a fait grand plaisir de te savoir en bonne santé ainsi que toute la famille, quant à moi je suis toujours de même.
Aujourd'hui j'ai commencé à faire un stage aux grenadiers, pas longtemps car il ne dure que huit jours. C'est toujours autant c'est plus drôle que d'aller à l'exercice et puis bien moins de mal et moins de chemin et puis ensuite bien moins embêté par les officiers.
Hier j'ai reçu des nouvelles de Marcel, cela fait toujours plaisir. Il se trouvait au repos mais pas pour longtemps car il attend de remonter bientôt au lieu d'aller en perme. Je lui répondrai sans doute demain car aujourd'hui je n'ai pas eu le temps et il est déjà tard.
Ce soir, j'ai reçu aussi des nouvelles de gars Lhermitte de la Contrie. Il est aussi lui en Belgique à Bergue.
Je ne vois plus rien à te dire pour ce soir que le mauvais temps qui continue toujours. C'est même décourageant car dans les tranchées, il ne doit pas y faire bon.
Je finis pour ce soir car ma bougie est au bout.
Reçois, mon petit ange adoré, les plus doux baisers de ton ami qui est à toi pour toujours.
Modeste
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