Dimanche 15 Septembre 1918
Ma petite Emma bien aimée
Je m'empresse de faire réponse à tes aimables lettres du 9 et du 11 que j'ai reçues hier soir qui m'ont fait bien grand plaisir d'avoir des nouvelles et de te savoir en bonne santé ainsi que toute la famille, quant à moi, je suis toujours de même.
Le beau temps à l'air d'être repris, heureusement car c'est tout de même bien plus agréable que d'avoir de l'eau tous les jours.
Encore un dimanche de plus de passé à se faire ch. et dire que si nous étions à côté l'un de l'autre, on ne s'ennuierait pas et qu'on se trouverait si heureux. Enfin, vivons toujours sur le bon espoir que cela viendra non seulement le dimanche, mais tous les jours.
D'ici ce temps-là, j'ai encore le temps d'aller plusieurs fois en perme. Si la guerre était finie, cela ne serait pus rien. J'espère y retourner avant la fin de l'année, ce sera déjà bien long assez
Pour le moment, je suis assez bien. Nous sommes logés dans les maisons d'un patelin à 6 ou 7 kilom des lignes et je ne m'en fais pas beaucoup. C'est meilleur que dans toutes ces offensives. Car maintenant que le beau temps est repris, cela doit y barder.
Vivement la fin et la classe
Bien le bonjour à toute la famille et aux petits amoureux.
Reçois, mon petit coeur chéri, les sincères amitiés de ton petit poilu qui pense sans cesse à toi.
Mille bons baisers
Modeste
/image%2F1364362%2F20141212%2Fob_5f77ab_img015.jpg)