Mercredi 31 Juillet 1918
Ma petite Emma bien aimée
Je m'empresse de répondre à ton aimable carte de samedi que je viens de recevoir qui m'a fait grand plaisir d'avoir des nouvelles et de te savoir en bonne santé ainsi que toute la famille, quant à moi je suis toujours de même.
Tu aurais mieux fait de me l'envoyer, le petit accident qui t'est arrivé. Toi cela te gêne tandis que moi, cela m'aurait peut-être fait mon bonheur. Enfin, de ce moment on ne peut presque rien faire comme on voudrait et à son goût. Il faut suivre sa destinée.
Je ne connais pas grand nouveau pour le moment, qu'il fait rudement chaud dans ces saletés de tranchées.
Quand est-ce qu'on en sortira pour avoir une vie plus agréable et plus heureuse. Je fais pourtant souvent de beaux rêves pour tous les deux mais ils ne se réalisent pas vite. Espérons quand même que cela viendra.
Je te quitte pour ce soir en t'embrassant bien fort.
Bien le bonjour à toute la famille et aux petits amoureux.
Reçois, mon petit ange chéri, les plus tendres amitiés de ton petit ami qui ne t'oublie pas.
Mille bons gros baisers
Modeste.
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