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Dimanche 28 Juillet 1918
Ma petite Emma bien aimée,
Je m'empresse de répondre à ton aimable lettre que je viens de recevoir qui m'a fait bien plaisir d'avoir des nouvelles et de te savoir en bonne santé quant à moi je suis toujours de même.
Je pense bien que tu étais contente d'avoir des nouvelles car comme c'est tout ce que nous avons de distraction en ce moment et puis cela remet les idées en place. Je suis sûr que tu te fais du mauvais sang. Pourtant ce n'est pas la peine car cela n'avance à rien.
Georges n'a vraiment pas de chance en ce moment de se trouver dans le même coin et que ça y barde toujours, enfin il faut espérer qu'il s'en tirera comme la première fois. Tout le monde n'y restera pas.
Je ne connais pas grand nouveau. Les permes marchent toujours tout doucement, mais pas vite, un ou deux par jour. J'ai encore le temps de me faire ch... d'ici là. Vivement la fin de cette misère, il y a longtemps assez que cela dure.
Je te quitte pour ce soir en t'embrassant bien fort.
Bien le bonjour à toute la famille ainsi qu'aux petits amoureux.
Reçois, mon petit coeur adoré, les plus tendres amitiés de ton petit ami qui pense toujours à toi et ne t'oublie pas.
Mile bons gros baisers
Modeste
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