Lundi 3 Novembre 1917 (en fait c'est décembre!)
Ma petite Emma bien aimée
Je m'empresse de répondre à ta lettre de jeudi que j'ai reçue samedi soir et qui m'a fait bien plaisir d'avoir des nouvelles et de te savoir en bonne santé quant à moi je suis toujours de même.
Excuse-moi si je ne t'ai pas répondu hier. C'était la fête du régiment et comme nous ne sommes pas tous ensemble et qu'il fallait que tout le monde y soit, nous sommes partis dès hier matin et nous ne sommes rentrés que le soir assez tard. Je ne me suis guère amusé car nous avons été à un patelin à six kilomètres, manger en plein air, il faisait un vent terrible, et puis pas libre du tout. Ce n'était guère fête.
Aujourd'hui, c'est chez nous peut-être que je m'amuserai mieux et puis deux repas mieux qu'hier, avec champagne et un gros cigare de bouffarie.
Tout cela ne vaut pas une perme, c'est si bon une petite perme.
Je ne connais pas grand nouveau à te raconter ce matin.
Bien le bonjour à toute la famille et à M et mme Duveau.
Reçois, mon petit ange chéri, le plus doux baiser de ton ami qui pense toujours à toi et ne t'oublie pas.
Modeste
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