Vendredi 30 Novembre 1917
Ma petite Emma bien aimée
Je m'empresse de répondre à ta lettre de lundi qui m'a fait bien plaisir de savoir que tu as reçu tout de même des nouvelles car je sais ce que c'est que d'être sans nouvelles. On ne songe jamais que de mauvaises choses.
Tu sais depuis plus d'un an que nous allons ensemble, je crois qu'il faudrait quelque chose de sérieux pour qu'on se laisse l'un et l'autre.
Je suis comme Marcel, on parle fort de partir en Italie mais comme il ne faut pas toujours croire aux bruits qui courent, il ne faut pas s'en faire.
Je ne t'ai pas écrit hier parce que le major m'avait vacciné au bras droit et je ne pouvais même pas remuer le bras. Aujourd'hui, cela va mieux.
Je ne connais plus grand nouveau pour ce matin.
Bien le bonjour à toute la famille, à M et Mme Duveau et aussi à Yvonne et à Georges.
Reçois, mon petit ange chéri, les plus doux baisers de ton ami qui pense toujours à toi et ne t'oublie pas.
Toutes mes amitiés
Modeste
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