Samedi 13 Juillet 1918
Ma petite Emma bien aimée
Je m'empresse de faire réponse à ton aimable lettre carte de lundi que j'ai reçue hier soir qui m'a fait bien plaisir d'avoir des nouvelles et de te savoir en bonne santé et que les malades sont presque guéris, quant à moi, je suis toujours de même.
Il y en a pour être malade que ceux qui n'en ont pas besoin ou qui ne le demande pas, car nous autres on ne demande que cela et on ne peut y arriver. C'est pour cela comme pour autre chose puisque on ne peut avoir ce qu'on voudrait. Enfin cela viendra peut-être un jour tout de même. Nous sommes toujours au même endroit. Nous avons encore assez de chance car on ne pensait pas être si longtemps au repos. C'est peut-être reculer pour mieux sauter enfin c'est toujours du bon temps de passé malgré que nous pourrions le passer encore mieux mais on ne veut pas nous le laisser. Ce serait bien plus agréable pour nous d'être auprès l'un de l'autre. Vivons toujours sur l'espoir que cela viendra.
Je ne connais pas grand nouveau.
Il fait un temps très orageux aussi où je suis.
Bien le bonjour à toute la famille et aux petits amoureux.
Reçois, mon petit coeur chéri, les plus tendres amitiés de ton petit ami qui ne t'oublie pas.
Mille bons gros baisers.
Modeste
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