Vendredi 12 Juillet 1918
Ma petite Emma bien aimée
Je m'empresse de faire réponse à ton aimable lettre de dimanche que j'ai reçue hier soir avec grand plaisir d'avoir des nouvelles et de te savoir en bonne santé, quant à moi, je suis toujours de même.
Hier je ne t'ai pas écrit je n'ai pas eu le temps j'étais en corvée. Je n'ai pas beaucoup le temps de m'habituer en chaque endroit car on n'y est pas longtemps.
Je crois que nous allons encore changer. Enfin, pendant qu'on trotte d'un côté et de l'autre, on n'est pas en ligne. Tout ce que je demande, c'est d'attraper une petite blessure comme les autres pour me débiner un peu à l'arrière.
Et puis cette misère ne durera pas toujours, ça aura bien une fin.
Je ne connais pas grand nouveau pour le moment.
Vivement la perme car il me paraît déjà qu'il y a un an que nous n'avons pas été à côté l'un de l'autre. Et vivement la grande aussi ce serait encore celle-là la plus intéressante.
Hier, j'ai reçu des nouvelles de Georges, il te souhaite le bonjour.
Bien le bonjour à toute la famille et aux petits amoureux.
Reçois, mon petit ange chéri, les plus tendres amitiés de ton petit ami qui ne t'oublie pas.
Mille bons gros baisers.
Modeste
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