Dimanche 29 septembre 1918
Ma petite Emma bien aimée
Je fais réponse à ton aimable carte de mercredi que j'ai reçue hier soir qui m'a fait grand plaisir d'avoir des nouvelles;
Je me doute bien que tu t'ennuies quand tu n'as pas de petites missives. Ce doit être qu'elles ont du retard car depuis déjà longtemps, j'écris tous les jours, omme c'est notre seule distraction. Comme je te disais hier, je suis descendu à deux kilomètres en arrière pour garder un pont. Je crains un peu moins les boches, là ils ont toujours un peu plus de chemin à faire pour venir me chercher.
Je ne connais pas grand chose de nouveau, la santé est toujours bonne et je désire que tu sois de même.
Je n'ai pas de mal à le croire, que Marcel ait la fourragère car il est resté si longtemps dans le même secteur, c'est que les chefs voulaient sûrement l'avoir.
Il vaudrait mieux la paix car pour avoir ces décorations, c'est qu'il y sont passés quelques-uns comme bonshommes.
Bien le bonjour à toute la famille ainsi qu'aux deux petits coeurs.
Reçois, mon petit ange chéri, les plus sincères amitiés de ton petit ami qui pense toujours à toi.
Mille bons baisers
Modeste
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