Mardi 30 septembre 1918
Ma petite Emma bien aimée
Je fais réponse à ton aimable lettre de jeudi que j'ai reçue hier soir qui m'a fait bien grand plaisir d'avoir des nouvelles et de te savoir en bonne santé, quant à moi, je suis toujours de même.
Je ne connais pas grand chose de nouveau pour le moment. Les petits amoureux doivent être heureux en ce moment d'être auprès l'un de l'autre. Après sept ou huit mois aussi qu'ils se sont vus, c'est long, il y a où être heureux de se revoir. Je crois qu'ils sont comme nous deux, qu'ils voudraient bien être à la grande perme pour être plus près l'un de l'autre pour toujours. Enfin, il faut espérer que cela viendra bien un jour, depuis si longtemps qu'on l'attend.
Aujourd'hui, je croyais bien être obligé de coucher dehors car les boches ont tiré quelques obus dans le patelin hier soir et ont fait sauter la maison où nous étions logés. Heureusement qu'il n'y avait personne dedans de ce moment-là.
C'est peu de chose car c'est le première fois qu'un obus tombe si près de moi depuis que je suis dans ce secteur. Cela nous réveille un peu.
Bien le bonjour à toute la famille et aux petits amoureux qui j'en suis sûr, ne vont pas s'ennuyer tous les deux.
Reçois mon petit coeur chéri les plus sincères amitiés de ton petit ami qui pense sans cesse à toi.
Mille bons baisers
Modeste
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