A compter de cette lettre, Modeste envoie son courrier directement à Emma et non plus par l'intermédiaire de son oncle Denis.
Mercredi 3 Octobre 1917
Ma petite Emma bien aimée
Je m'empresse de te faire deux mots pour te donner des nouvelles.
La santé est toujours bonne et je pense que tu es toujours de même ainsi que toute la famille.
Comme je n'avais pas eu de tes nouvelles hier soir, je croyais en avoir ce soir mais je n'en ai pas. J'espère bien en avoir demain. Pour moi, je crois que c'est le courrier qui a eu du retard car il n'y avait presque pas de lettres pour la compagnie.
Ce soir, j'ai reçu une lettre de Georges Cottereau. En ce moment, il est au repos à côté de Calais. Il me dit aussi qu'il pense partir en permission de 10 jours la semaine prochaine, il a de la chance, enfin chacun fait comme il peut.
Je ne connais plus grand nouveau à te raconter pour ce soir; que nous sommes revenus du travail hier matin et je n'en suis pas fâché car 20 km à faire tous les jours et puis travailler un peu, c'est trop dur pour des courageux comme moi. Si c'était encore du travail utile, cela irait encore, mais pour ce que cela l'était, ce n'était pas la peine de se donner autant de mal.
Je finis pour ce soir
Bien le bonjour à toute la famille et à Marcel.
Reçois, mon petit ange mignon, les plus doux baisers de ton ami dont les pensées se portent toutes vers toi.
A toi pour toujours,
Modeste
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