Le 19 Juin 1919
Ma petite Emma bien aimée
Je m'empresse de faire réponse à tes aimables lettres du 13 et du 15 et ta carte du 14 qui m'ont fait bien plaisir d'avoir des nouvelles et te savoir en bonne santé ainsi que toute la famille, quant à moi, je suis toujours de même.
Tu vas sûrement te demander pourquoi je ne t'ai pas écrit pendant trois jours, c'est que les lettres ne partaient pas; le secteur où nos lettres partaient est en déplacement, alors il a fallu attendre qu'un autre soit installé.
Cela m'embêtait, je t'assure car je sais que tu aimes bien avoir ta petite missive, comme c'est notre seule distraction. Tu fais bien de te distraire quand tu peux car il n'y a pas beaucoup de distraction et il ne faut pas que ce soit moi qui t'empêche de t'amuser, quand tu peux, amuse-toi. Pour moi, ce n'est pas la même chose, mon bonheur ne sera que lorsque je serai à côté de toi.
Vivement que cette paix soit signée, que la classe arrive au pus vite. Espérons que mardi, nous saurons déjà à quoi nous en tenir et que ce sera du bon côté. Depuis le temps que cela traîne, il n'est pas trop tôt que cela finisse.
Je ne connais pas grand chose de nouveau pour le moment. Tu me dis que tu t'es ennuyée dimanche toute seule, cela ne ma surprend pas. Il aurait fallu que je sois avec toi, on se serait moins ennuyés tous les deux, même nous aurions passé une bonne soirée. Heureusement que cela viendra bientôt, je l'espère, de pouvoir passer quelques bons moments ensemble.
Bien le bonjour à toute la famille et aux petits coeurs qui eux aussi doivent attendre la classe avec impatience.
Reçois, mon petit coeur chéri, les plus sincères amitiés de ton petit ami qui pense sans cesse à toi.
Mille bons baisers et caresses.
Modeste
A bientôt
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