Mercredi 6 Mars 1918
Ma petite Emma bien aimée
C'est avec grand plaisir que j'ai reçu ton aimable carte de vendredi, hier soir, et de te savoir en bonne santé, quant à moi je suis toujours de même.
Je vois que tu es comme moi, tu aimes bien faire ta petite missive tous les jours, et puis cela distrait, comme nous n'avons que cela tous les deux.
Ce matin, cal va mieux qu'hier matin; les boches sont restés tranquilles, il est vrai ce n'est pas de trop car s'il fallait résister à un bombardement pareil tous les jours, on deviendrait fou. J'ai encore les nerfs pas très bien remis, je tremble malgré moi.
Pa grand nouveau à ta raconter pour ce matin.
Bien le bonjour à toute la famille et aux deux petits coeurs.
Aurait bien fallu que j'écrive à Marcel ces jours-ci, mais je vais attendre de descendre des lignes car je suis trop mal installé.
Excuse mon griffonnage car étant obligé de rester dans la cagna, je n'y vois pas clair et puis comme je te dis, je ne suis pas encore bien remis de mes émotions d'hier.
Reçois, mon petit ange chéri, les plus doux baisers de ton ami qui pense toujours à toi et ne t'oublie pas
Modeste
/image%2F1364362%2F20141212%2Fob_5f77ab_img015.jpg)