Vendredi 7 septembre 1918
Ma petite Emma bien aimée
Deux mots ce matin pendant que j'ai le temps. La santé est toujours bonne et je pense que tu es de même ainsi que toute la famille.
Je ne suis pas en première ligne, mon escouade est restée en arrière pour ravitailler le reste de la section qui est dans des postes avancés.
Mais ça bien l'air d'être le secteur pépère car depuis hier matin, je n'ai pas vu un seul obus.
Ce soir, nous descendons dans un petit patelin à trois cents mètres derrière où je suis cantonné dans les maisons qui ne sont pas démolies. C'est le secteur qu'il faudrait tenir jusqu'à la fin de la guerre. On peut y tenir. Comme ça, le cafard est un peu moins grand que si c'était un de ces secteurs modernes que par moment ça fait vilain.
Mais malgré ça, cela ne vaut pas la petite perme. C'est si bon, c'est malheureux que cela ne vienne pas plus souvent, enfin vivement la grande.
Plus grand nouveau.
Bien le bonjour à toute la famille et aux petits amoureux.
Je te quitte en t'envoyant mes sincères amitiés et en pensant toujours bien à toi.
Mille bons baisers.
Modeste
Permettez-moi de vous transmettre un gros bonjour en échange de celui que vous avez bien voulu m'envoyer avec votre ami Modeste.
Je vous en remercie. Ne vous en faites pas trop sur son sort pour le moment car nous sommes dans un secteur vraiment de père de famille.
Autain
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