Samedi 7 septembre 1918
Ma petite Emma bien aimée
Je réponds à ton aimable carte de mardi que j'ai reçue hier soir qui m'a fait grand plaisir d'avoir des nouvelles.
Voilà encore la petite correspondance recommencée. Ce serait pourtant bien plus agréable de ne pas avoir besoin d'écrire et de se voir plus souvent.
Je vois que tu n'as pas bien l'idée d'aller te promener mais comme je te l'ai déjà dit, quand tu peux avoir une petite distraction, il faut la prendre, elles sont si rares.
Il ne faut pas te faire de mauvais sang, je suis pépère mieux que si j'avais trouvé les copains où le type du Mans m'avait dit. En ce moment je suis en train d'écrire dans une cagna, on dirait presque une salle de théâtre et je t'assure que là-dedans, on ne s'en fait pas (je m'en ferai encore moins à côté de toi) mais puisque je ne peux pas y être.
Je pense que tu ne me querelleras pas pour le petit mot que le cabo a mis sur ma lettre d'hier. Il tenait à te remercier du petit mot qu'on lui avait envoyé tous deux.
Plus grand chose
Bien le bonjour à toute la famille et aux petits amoureux.
Reçois, mon petit coeur mignon, les sincères de ton petit poilu qui ne t'oublie pas.
Mille bons gros baisers
Modeste
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