Lundi 16 Juin 1919
Ma petite Emma bien aimée
Je m'empresse de faire réponse à ta bien aimable lettre de mercredi que j'ai reçue hier soir qui m'a fait grand plaisir d'avoir des nouvelles et de te savoir en bonne santé ainsi que toute la famille, quant à moi, je suis toujours de même.
Cela ne m'étonne pas si je n'en avais pas eue samedi, elle a mis un jour de plus que les autres à me parvenir. Cela fait tant plaisir une petite missive de mon petit ange, comme c'est notre seule distraction pour le moment, en attendant que nous n'ayons plus besoin de griffonner le papier car c'est bien plus agréable de pouvoir causer de vive voix.
Ce n'est pas encore gai, ces fièvres, il vaudrait mieux rien du tout. Fais attention à toi toujours de ne pas les attraper car je ne voudrais plus rire, alors. Et puis ce qui est embêtant aussi, c'est pour les permes. Enfin il faut espérer que cela ne durera pas longtemps et que cela se passera bien sans toi.
Je ne connais pas grand chose de nouveau pour le moment. Vivement la perme que nous soyons plus près l'un de l'autre. C'est si bon, quelques beaux jours à passer à côté l'un de l'autre. Souvent cela me fait bisquer, surtout le dimanche, tous les jeunes gens du patelin qui se baladent, je me dis souvent quand est-ce que je serai civil aussi moi pour pouvoir me promener avec ma petite Emma. Que nous passerions de bons moments, enfin cela viendra bien, va, y en a plus pour longtemps maintenant je l'espère toujours.
Bien le bonjour à toute la famille et aux petits coeurs.
Reçois mon petit ange adorable, les plus sincères amitiés de ton petit ami qui pense sans cesse à toi.
Mille bons baisers et tendres caresses.
Celui qui t'aime pour la vie
Modeste
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